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Pouf. C'était le bruit du pavé dans la marre, tout est presque dit dans le titre, mais si vous êtes arrivés jusqu'ici, je vous engage néanmoins à prendre les quelques minutes pour lire la suite.

Il y a 10 ans, on s'est lancé dans l'aventure, créer une société technologique avec un concept en Belgique. Lors du lancement et des premières années, j'ai rencontré des personnes formidables, positives, et un grand nombre de sceptiques. Je ne reviendrai pas sur les sceptiques, ma foi je le suis parfois aussi sur certaines technologies, mais sur l'accueil global de la solution, et sur un point important, le local.

Lors du lancement, la presse a découvert le projet, et nous avons reçu une couverture, souvent négative, s'interrogeant sur l'utilisation d'un medium gouvernemental à des fins privées, pourtant bien prévues par le législateur et demandée par les parlementaires. De ce fait, nous nous sommes retrouvés bien malgré nous sous les feux des projecteurs, avec des articles incendiaires, et plutôt que de se désespérer, nous avons rempli un mur entier de coupures de presse criant au scandale.

Quelques années plus tard, nous avons commencé à rencontrer des personnes attentives, comme le CEO de MediaMarkt en son temps, qui voulait volontairement donner la chance à de plus petites structures pour lancer leurs produits sur le marché belge. Le succès du système embarqué par la chaîne a été important, et l'est toujours aujourd'hui, et j'en serai reconnaissant toute ma carrière. Le succès est certes multifactoriel, mais celui-ci en fait de facto partie.

En dépit de cela, je rencontre de plus en plus avec les années de sociétés qui font le choix de structures internationales (SAP, SalesForce, Adobe, Oracle, etc) pour tout ou partie de leur business, alors que des solutions nationales existent à chaque fois pour les fonctionnalités recherchées. Au sein des sièges des groupes internationaux étrangers, le mouvement est plus identitaire, on retrouve quasi à chaque fois les partenaires nationaux, il existe bel et bien un certain "chauvinisme" national dans les solutions supportées par les enseignes à l'étranger... Mais pas en Belgique.

Que ce soit pour la presse, que ce soit pour le secteur retail, cette préférence locale technologique existe peu. Je ne m'avancerai pas sur les raisons, elles sont multiples, mais c'est un choix que chacun doit prendre en âme et conscience, à chaque niveau.

Chez Freedelity, on essaie de faire travailler des acteurs locaux de préférence. Certes parfois cela a un coût, certes parfois une solution internationale est mieux packagée sur papier, mais dans la réalité nos fournisseurs ne sont pas des étrangers, ce sont avec les années devenus des amis, sur qui on peut compter, et avec qui on développe un intérêt respectif à ce que le marché se porte bien. Vous me prendrez certainement en défaut pour l'un ou l'autre point, mais la liste des partenaires nationaux est longue, et le critère géographique est toujours pris en compte dans la recherche de fournisseurs.

Consommer local, c'est important, c'est en vogue depuis des années dans le secteur alimentaire, mais ce sursaut de patriotisme ne devrait pas se limiter au secteur alimentaire ou production, derrière les services, il y a des consommateurs, il y a des citoyens, qui ont tous intérêt à ce que le marché national se porte bien, car ils vont aussi consommer localement. Tout ceci n'est finalement qu'un grand cercle vertueux.

Alors, peut-être me trompe-je, peut-être que ce mouvement est déjà en place, mais j'étais encore témoin d'une demande pour une simple plateforme d'automatisation emails sur un fil de discussion il y a peu, et les noms belges étaient écartés d'office, car le grand groupe US était la référence que tout le monde doit utiliser pour être la tendance. Et si la tendance, c'était plutôt de connaître les personnes derrière ces technologies? Si nous mettions le focus sur un ecosystème national plus fort?

Non, cela ne sera pas possible pour tout, mais si le critère local devenait un des critères de sélection dans les projets, je vous promets que les répercussions seraient importantes en création de valeur pour notre petit royaume.

Sébastien
Il y a quelques années de cela, lorsque nous avons débuté nos activités, nous avons consacré un temps non négligeable à discuter avec les autorités et les services informatiques de notre cher royaume pour comprendre le futur de la carte d'identité électronique : comment elle était utilisée, quels étaient les développements futurs prévus, etc...

Malheureusement, cette époque a coincïdé avec diverses réductions de personnel au sein de l'administration dans le cadre de plans d'économies. En d'autres termes, les développements envisagés pour la carte, que ce soit en support mobile ou en nouvelles solutions pour en faciliter son utilisation, avaient discrètement été mises au placard.

Quelques années plus tard, ayant acquis la maîtrise sur la technologie sous-jacente, nous avons été la première société au monde à faire de la collecte de coordonnées à partir d'une carte d'identité électronique sur une tablette Android, entre autres grâce au support de l'USB Host par Android. Ce n'était pas directement le coeur de notre activité, mais nos recherches nous avaient permis de développer ce type de solutions, et nous avons rajouté à nos services commerciaux la possibilité de lire des eID sur tablettes Android, puis plus tard sur les iPads d'Apple.

Grâce à cette innovation, nous fûmes à l'époque contactés par plusieurs banques désireuses de disposer d'une licence de notre technologie - ce que nous leur avons accordé sans la moindre hésitation, toujours désireux d'aider à l'adoption chaque jour plus massive de la carte d'identité par le secteur privé. En poursuivant notre développement, nous avons lancé peu après, avec notre application "Freedelity Secure Browser", la possibilité pour le citoyen d'utiliser sa carte d'identité sur diverses plateformes (iPad, Android et Windows) pour se connecter aux portails gouvernementaux.

Jusqu'à ce jour, la solution sur Android reste la seule initiative complète pour se connecter à un portail comme TaxOnWeb en utilisant physiquement sa carte. Et sous Windows, cela reste à notre avis la solution la plus simple, n'imposant pas au citoyen l'installation d'une série d'addons qui vont se greffer à son système, dans un environnement toujours un peu complexe. D'autres sociétés ont suivi avec des solutions mobiles sur iPad, avec comme volonté de pouvoir vendre leurs propres lecteurs.

Encore aujourd'hui, nous recevons régulièrement des demandes de la part de communes et d'administrations (!) pour valider le support de leurs sites sur nos applications, et pour rajouter des raccourcis qui donnent aux citoyens un accès rapide à leurs applications en ligne.

Ces dernières années, même si notre énergie reste focalisée sur le secteur du retail, je constate avec regret que cette communication directe avec les divers organes de l'état s'est réduite à peau de chagrin. Ainsi, que ce soit dans le cadre d'un projet permettant au citoyen de gérer lui-même l'accès à ses données (cadre dans lequel le cabinet du ministre compétent nous a gentiment raccroché au nez en insistant sur le fait qu'ils connaissaient sans aucun doute et mieux que nous tout ce qui existait sur le marché), d'un projet d'identification électronique (domaine dans lequel nous avons accumulé une expérience et une connaissance technologiques supérieures à la plupart des autres entreprises actives sur le même secteur) ou d'un projet d'un éventuel "registre national intelligent", notre cher gouvernement ne semble plus estimer pertinent de consulter les acteurs compétents du marché.

Finalement, je trouve surtout dommage de dépenser plusieurs dizaines de millions d'euros dans un projet (et qui, lors de son lancement, sera loin d'être opérationnel), alors que le recours à des acteurs plus adaptés ferait économiser temps, énergie et moyens au gouvernement. La preuve en est que dans un autre registre, avec un financement de l'ordre du dixième du plus petits de ces projets, nous avons été en mesure de créer une société rentable, animée par une dizaine de collaborateurs et comptant plusieurs millions d'utilisateurs en Belgique. Le rôle de nos élus n'est-il finalement pas simplement de créer le cadre pour promouvoir l'innovation?

Mes chers ministres, mes chers experts, mes chers directeurs de recherche, je vous remercie, inconditionnellement et quoi qu'il en soit, de faire évoluer la technologie que nous utilisons tous les jours ; cela ne pourra que profiter à l'ensemble du secteur. Mais je ne peux que regretter ce léger manque de rationnalité dans l'utilisation des moyens qui sont les vôtres. Le passé vous a montré à d'innombrables reprises que le privé a innové bien plus ces dernières années sur ce secteur que vos administrations, par manque de moyens. La simplification, le support et le recourt à des entreprises existantes et reconnues sont sans nul doute le cheval de bataille que vous vous devez d'enfourcher ! Pour que la Belgique, plateforme d'innovation dans ce secteur, continue à l'être encore pour de nombreuses années.

Sébastien
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