Publié le: 14/05/2026 @ 14:56:32: Par Nic007 Dans "Economie"
EconomieL'essor de l'intelligence artificielle et des semi-conducteurs suscite des tensions croissantes en Corée du Sud. Cette fois-ci, la polémique a été déclenchée par une proposition d'un haut responsable politique suggérant de redistribuer aux citoyens une partie des recettes fiscales générées par le secteur de l'IA sous forme de « dividende national ». L'idée est apparue alors que les négociations entre Samsung et le principal syndicat de l'entreprise étaient à nouveau au point mort. Cette proposition controversée émane de Kim Yong-beom, directeur de la politique présidentielle. Le politicien a suggéré sur les réseaux sociaux que les immenses bénéfices de l'ère de l'IA devraient être en partie redistribués aux citoyens, car le succès de l'industrie technologique sud-coréenne repose depuis des décennies sur les efforts de toute la société. Le marché a réagi promptement. L'indice KOSPI a chuté de plus de 5 % par moments, les investisseurs craignant une nouvelle taxe sur les géants de la tech. La situation ne s'est apaisée que suite à des clarifications ultérieures, selon lesquelles Kim faisait uniquement référence aux excédents fiscaux, et non à une augmentation de l'impôt sur les sociétés. Le gouvernement a également rapidement souligné qu'il ne travaillait pas actuellement sur une telle mesure et que la déclaration de l'homme politique n'était que l'expression de son opinion personnelle.

Ces développements coïncident avec des négociations difficiles entre Samsung et ses syndicats. L'organisation, qui représente plus de 30 000 employés, réclame une part nettement plus importante des bénéfices générés par l'IA. Les syndicats réclament une prime de 15 % pour les employés, la levée des plafonds de primes et une augmentation de 7 % du salaire de base. Samsung devait proposer des conditions plus avantageuses que son concurrent SK Hynix, mais ses offres ont été rejetées. En cas d'échec des négociations, une grève générale de 18 jours pourrait débuter dès le 21 mai. Les analystes préviennent qu'une grève prolongée pourrait gravement impacter la production de semi-conducteurs. Lors d'une grève d'une journée en avril, la productivité d'une des équipes de nuit des usines sous-traitantes de Samsung aurait chuté de 58 %. De plus, la grève annoncée chez Samsung sème déjà la pagaille : les prix de la mémoire DDR4 ont grimpé de 20 % en une seule semaine sur le plus grand marché mondial de l'électronique. Selon les estimations, une grève de 18 jours pourrait engendrer des pertes allant de près de 7 milliards de dollars à près de 12 milliards de dollars. Ceci témoigne de l'importance capitale du secteur de l'IA et des semi-conducteurs pour l'économie sud-coréenne.

Le gouvernement dispose toutefois d'une option de dernier recours rarement utilisée : en vertu de l'article 76 du Code du travail sud-coréen, le ministre du Travail peut émettre une ordonnance d'arbitrage d'urgence suspendant une grève pendant 30 jours. Ce mécanisme n'a été utilisé que quatre fois depuis 1969, et le ministère du Travail a déclaré mardi qu'il n'avait pas encore entamé l'analyse de cette possibilité.
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