Publié le 14/10/2026 Dans Bandes Dessinées

Tatari est une série qui a connu neuf tomes au Japon aux éditions Shogakukan. Il y a bien longtemps, Tatari était un chat monstrueux qui était craint comme un grand démon dans la capitale de Kyoto. 1000 ans se sont écoulés et il est désormais un chat errant sous la garde d'un frère et d'une sœur nommés Takeru et Yuki. Tatari et Takeru étaient les meilleurs amis du monde et, bien qu'ils soient pauvres, ils vivaient heureux dans un appartement délabré... jusqu'au jour où Takeru fut tué. Pour le bien de son meilleur ami décédé, le grand démon Tatari poursuit sa dernière volonté, dans une bataille étrange et sombre avec un lever de rideau mystérieux !!
Tatari et sa bande infiltrent le centre Onmyoji où se trouve Isha Lu . Raiden affronte Liber, et Beriko se mesure à Orgard ! Quel sera le dénouement de ce drame vengeur ? Pendant ce temps, Konia, Haris, Abe et le groupe Onmyoji protègent l'hôpital où se trouvent Sachi et les autres. Ils repoussent l'ennemi un à un, mais soudain, Killberry, le plus haut gradé des « Gene Richers », fait son apparition ! Dans cette bataille sombre et étrange, les grands yokai unissent leurs forces et, avec leurs alliés, livrent l'ultime combat vengeur ! Le tome 8 de Tatari plonge franchement dans la bataille totale et offre un volume particulièrement nerveux, où les confrontations préparées précédemment prennent enfin toute leur ampleur. L’ambiance est sombre, chaotique et presque électrique : entre l’infiltration des installations d’Isha Lu et la défense de l’hôpital, Watari construit deux fronts qui entretiennent constamment l’urgence. Nous avons particulièrement apprécié que les affrontements ne reposent pas uniquement sur une escalade de puissance, mais également sur les rancœurs et les défaites passées. Raiden face à Liber et Beriko contre Ollegard donnent ainsi à cette bataille des allures de véritable revanche, avec tout ce que cela implique d’orgueil et de comptes à régler. Tatari reste naturellement au cœur du récit, mais la série continue intelligemment d’élargir son casting et permet à ses compagnons d’exister autrement que comme de simples soutiens. Du côté de l’hôpital, Konia, Haris, Abe et les onmyoji semblent d’abord parfaitement maîtriser la situation, jusqu’à l’arrivée de Killberry qui vient brutalement renverser le rapport de force. L’entrée en scène du plus puissant des Gene Richers fonctionne particulièrement bien parce qu’elle réintroduit immédiatement une sensation de danger au moment où l’on pouvait croire Yuki et les autres relativement protégés. C’est aussi ce que j’apprécie dans cette série : les alliances entre humains, yokai et autres créatures restent mouvantes, souvent dictées par les circonstances plutôt que par une opposition simpliste entre le bien et le mal. Le manga assume désormais pleinement son côté bataille surnaturelle démesurée, quitte à devenir parfois volontairement foisonnant, mais cette générosité contribue aussi à son énergie. C’est le cas avec Killbery, le genre typique de personnage shonen féminin. Raiden est également une parfaite représentation des protagonistes charismatiques et qui sortent du lot. Graphiquement, Watari se montre particulièrement à l’aise dans l’action. Les silhouettes monstrueuses, les transformations et les attaques possèdent beaucoup d’impact, tandis que les cadrages accentuent efficacement les différences de puissance entre les combattants. Son trait nerveux convient parfaitement à cette atmosphère de chaos et les designs très marqués permettent aux nombreux protagonistes de conserver une identité visuelle forte malgré la densité des affrontements. Au final, ce tome 8 est un véritable volume de règlement de comptes, spectaculaire et généreux, qui récolte une partie de ce que les précédents avaient patiemment préparé. Entre revanches, alliances improbables et arrivée d’un adversaire capable de rebattre toutes les cartes, Tatari continue de développer son univers avec une joyeuse noirceur.
VERDICT
Un tome 8 de Tatari particulièrement dynamique qui confirme que, dans cette série, une bataille que l’on croyait maîtrisée peut toujours devenir beaucoup plus monstrueuse qu’elle n’en avait l’air.
Date de parution : 10 Septembre 2026
Editions : Glénat Manga
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