Android va bientôt devenir plus rapide (et ce n'est pas une question de processeur).
Par Nic007
Lorsqu'un smartphone Android semble un peu lent à ouvrir des applications ou à passer d'un jeu à l'autre ou aux réseaux sociaux, on est tenté d'incriminer uniquement le processeur ou la mémoire . En réalité, une part importante de cette sensation est liée au noyau , le cœur du système, qui fonctionne en arrière-plan. Google s'attaque à ce problème fondamental avec un nouveau système d'optimisation conçu pour rendre Android plus réactif et, simultanément, plus économe en énergie . L'idée est simple mais efficace : utiliser les données relatives à notre utilisation réelle de nos téléphones pour recompiler le système de manière plus intelligente. Le noyau Android gère la communication entre le processeur , les applications et le matériel (écran, mémoire, modem, caméras). Google estime qu'il représente à lui seul environ 40 % du temps de fonctionnement du processeur : même de petites améliorations à ce niveau peuvent avoir des effets visibles au quotidien. Pour résoudre ce problème fondamental, Google utilise son propre pipeline de compilation Android LLVM et introduit une technique appelée optimisation automatique basée sur les retours d'information ( AutoFDO ). Concrètement, le système de compilation ne repose plus uniquement sur des règles génériques, mais exploite les retours d'expérience concrets sur l'utilisation d'Android. Lors de la compilation d'un logiciel , le compilateur transforme le code des développeurs en instructions exécutables par le processeur. À ce stade, il détermine également l' organisation et l'optimisation du code. En règle générale, ces choix suivent des principes théoriques ; avec AutoFDO, en revanche, les données issues de scénarios d'utilisation réels entrent en jeu . Lors de la recompilation du noyau avec ces données, le compilateur peut prendre des décisions plus éclairées quant à l'organisation du code en mémoire et aux fonctions à optimiser. Il en résulte une exécution plus efficace des sections les plus fréquemment utilisées par le système , réduisant ainsi le gaspillage de temps processeur et, potentiellement, d'énergie .D'après Google , ces optimisations du noyau permettent un lancement plus rapide des applications , des performances plus fluides et un passage d'une application à l' autre plus rapide . De plus, une gestion plus efficace de la charge du processeur peut contribuer à une meilleure autonomie de la batterie , même si l'impact réel varie d'un appareil à l'autre. L'équipe évoque des « améliorations significatives » concernant certains indicateurs clés d'Android, sans toutefois fournir de chiffres précis. Surtout, il reste à voir dans quelle mesure ces différences seront perceptibles pour les utilisateurs finaux et dans quelle mesure elles resteront uniquement mesurables par des tests de performance. Google déploie AutoFDO pour les branches de noyau android16-6.12 et android15-6.6 , qui sont les versions utilisées par les dernières versions d'Android . L'objectif est d'étendre cette approche aux futures versions du noyau afin d'en faire un élément stable du fonctionnement d'Android. À terme, Google prévoit d'appliquer ces optimisations non seulement au noyau, mais aussi à d'autres composants système et pilotes matériels ajoutés par les fabricants pour gérer des éléments tels que les caméras , les modems et autres puces. Si cette extension fonctionne, nous pourrions constater des améliorations plus homogènes sur différents modèles, et pas seulement sur les Pixel. Pour l’avenir, ce type de travail sur le noyau nous rappelle à quel point l’optimisation logicielle reste importante par rapport à la course au matériel toujours plus puissant : un téléphone bien optimisé peut offrir une expérience plus agréable même sans spécifications haut de gamme, ce qui est particulièrement bénéfique pour les appareils de milieu et d’entrée de gamme .
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