Linux 7.0 est officiellement disponible : Rust sort de l’ombre et le noyau s’enrichit de nouvelles fonctionnalités.
Par Nic007
Linus Torvalds a annoncé la sortie de la version stable de Linux 7.0. Le code source a été publié sur le dépôt officiel du projet, ouvrant une nouvelle étape dans le développement de l'un des éléments les plus importants de l'infrastructure informatique moderne. Ce changement de numéro de version s'inscrit dans une pratique établie, mais la mise à jour elle-même apporte un ensemble de modifications qui auront un impact réel sur le fonctionnement des systèmes Linux. Le nouveau noyau constituera la base des futures versions du système d'exploitation, notamment la prochaine version LTS d'Ubuntu. Le changement le plus important concerne le langage Rust. Après des années de tests et une implémentation limitée, cette technologie a été pleinement approuvée pour le développement de pilotes et de sous-systèmes du noyau. Il s'agit d'une étape majeure pour de nombreux développeurs. Rust offre des mécanismes qui renforcent la sécurité de la mémoire et réduisent les risques d'erreurs typiques des langages bas niveau. Cette décision ouvre la voie à une utilisation plus large des outils modernes dans l'un des projets open source les plus conservateurs.Ces modifications ont également affecté le fonctionnement quotidien du système. Le planificateur de tâches est passé à un modèle de préemption différée. Cette nouvelle approche améliore la réactivité du système sans impacter négativement ses performances. Des améliorations significatives ont été apportées à la couche réseau. Le protocole UDP a bénéficié d'optimisations qui se traduisent par de meilleures performances de communication. La prise en charge des mécanismes de gestion de la congestion a également été ajoutée. Ces changements sont particulièrement importants pour les serveurs et les applications nécessitant des échanges de données rapides. L'une des nouveautés les plus intéressantes est le développement du système XFS. Un mécanisme a été introduit pour détecter et corriger automatiquement les erreurs de métadonnées sans qu'il soit nécessaire de démonter la partition. Cette approche améliore la stabilité et réduit les risques d'interruption de service. En production, chaque minute d'indisponibilité du système engendre des pertes considérables, ce qui explique l'intérêt porté à ce type de solutions. Par ailleurs, les performances d'écriture ont été optimisées dans EXT4, notamment lors d'opérations d'E/S intensives.
Torvalds a souligné le rôle croissant de l'intelligence artificielle dans le processus de développement . De plus en plus de correctifs sont intégrés juste avant la mise en production, souvent grâce à la détection automatisée de bogues. Ce phénomène est également confirmé par d'autres développeurs associés au projet. Greg Kroah-Hartman souligne que les outils basés sur l'IA génèrent un nombre croissant de rapports de sécurité et contribuent à identifier des problèmes auparavant invisibles. La controverse n'a pas été sans conséquences. Torvalds a catégoriquement rejeté certaines modifications apportées au sous-système MMC, en employant des termes particulièrement durs. Ces modifications visaient à étendre la prise en charge matérielle et à introduire des optimisations, mais selon le créateur de Linux, elles ne répondaient pas aux normes de qualité élémentaires.