Titre: Kiln (21/05/2026 Par Nic007)
Un titre original.
Certains jeux en ligne misent sur des systèmes complexes, des dizaines de modes et une progression infinie pour vous séduire. Kiln, lui, fait tout le contraire. Il part d'une idée extrêmement simple, l'exécute avec originalité et parvient à faire de la fabrication d'un pot en argile, une activité pourtant insolite, le cœur d'une expérience compétitive étonnamment divertissante. Le dernier jeu de Double Fine ne cherche pas à devenir le prochain phénomène mondial ni le jeu de tir ultra-compétitif du moment. Son approche est différente : des parties rapides, une créativité constante et une mécanique centrale qui fait du développement du personnage un élément fondamental de la stratégie. Et le plus frappant, c'est que ça fonctionne beaucoup mieux que ce qu'on pourrait imaginer en regardant une bande-annonce. Le four démarre sur un tour de potier. Au sens propre. Avant chaque partie, nous devons modeler notre propre vaisseau en argile, en définissant sa taille, sa forme et sa structure. Le plus intéressant, c'est que ce n'est pas qu'un simple éditeur visuel : le design transforme complètement le gameplay. Une structure plus petite peut se déplacer rapidement et se faufiler dans des passages étroits, tandis qu'une structure plus grande peut résister à davantage de dégâts et transporter plus d'eau, au détriment de la vitesse et de la maniabilité. Le poids, la stabilité et même la façon dont le personnage se déplace sur scène dépendent de sa conception. Kiln réussit un exploit : faire en sorte que le processus créatif ait de véritables conséquences au sein du jeu. Même des détails mineurs finissent par affecter les performances. Sur certaines cartes, une structure trop lourde peut devenir un problème constant, tandis que des conceptions plus agiles sont idéales pour raccourcir les itinéraires ou transporter l'eau rapidement. Tout cela crée une dynamique très intéressante où le joueur commence à adapter ses créations en fonction de son style de jeu ou des besoins de l'équipe.
Le principe est simple : deux équipes de quatre joueurs s'affrontent pour éteindre le fourneau adverse en transportant de l'eau jusqu'à leur base. La première équipe à détruire le fourneau ennemi à trois reprises remporte la partie. Se déplacer rapidement n'est pas toujours la meilleure stratégie, car les roulades peuvent entraîner une perte d'eau. Défendre des itinéraires précis, intercepter les ennemis et décider du moment opportun pour attaquer en groupe deviennent de plus en plus importants au fil du jeu. Et puis il y a le système de dégâts, sans doute l'une des meilleures idées du jeu. Dans Kiln, pas de barre de vie traditionnelle : les récipients se brisent physiquement. Les impacts créent des fissures, détachent des fragments et fragilisent certaines parties de la structure selon l'endroit où le coup est porté. Cela rend chaque affrontement unique par rapport aux autres jeux multijoueurs. Un sentiment constant de fragilité intensifie la tension et vous oblige à peser soigneusement chaque action. Ce qu'il y a de mieux avec Kiln, c'est qu'il ne renonce jamais à son identité. Tout tourne autour de l'idée de créer, de détruire et d'expérimenter à nouveau. On peut sauvegarder différentes structures et alterner entre elles selon notre style de jeu. Et des créations absurdes imaginées par la communauté ne tardent pas à apparaître : d’énormes conteneurs conçus pour percuter les ennemis, de minuscules structures impossibles à atteindre, ou des combinaisons totalement ridicules qui, pourtant, fonctionnent étonnamment bien. Le fait que le jeu ne soit pas conçu autour d'une monétisation agressive est également un atout considérable. La plupart des éléments cosmétiques et des options de personnalisation se débloquent en jouant, ce qui est appréciable dans les jeux multijoueurs actuels.
Un titre charmant mais trop court.
Il se dégage de l'ensemble de l'expérience une ambiance détendue et créative qui confère à Kiln une atmosphère unique, même lorsqu'il reprend des mécanismes familiers du genre. Visuellement, Kiln est incroyablement charmant. Les environnements mêlent inspiration mythologique, couleurs vibrantes et designs exagérés qui complètent à merveille le ton quelque peu chaotique du jeu. Mais la patte de Double Fine se révèle surtout dans les petits détails. Les animations, les effets de destruction et la façon dont les vases se fissurent ou se brisent pendant les combats contribuent grandement au charme du jeu. Même lors des affrontements les plus chaotiques, il se passe toujours quelque chose d'amusant à l'écran. Kiln possède d'excellentes bases, mais son contenu reste un peu léger. Il n'y a qu'un seul mode principal et cinq cartes disponibles, et bien que les scénarios parviennent à varier considérablement les situations grâce à leurs mécaniques uniques, une certaine répétitivité finit inévitablement par se faire sentir après quelques heures de jeu. C'est dommage, car le gameplay de base a un potentiel énorme. En fait, plus on comprend ses mécanismes, plus on a envie de voir ce que Double Fine pourrait faire avec davantage de modes, d'objectifs et de variations. Le studio a déjà confirmé de futures mises à jour avec du nouveau contenu, ce qui laisse penser que Kiln n'en est qu'à ses débuts. La question est de savoir s'il parviendra à maintenir une communauté suffisamment active jusqu'à l'arrivée de ce nouveau contenu.
VERDICT
Kiln fait partie de ces idées qui auraient pu rester une simple curiosité. Mais Double Fine parvient à en faire un jeu multijoueur vraiment amusant grâce à un système d'artisanat qui influence profondément le gameplay, créant ainsi un concept qui assume pleinement son identité. Il ne propose ni le contenu ni la variété d'autres jeux en ligne plus importants, ce qui finit par se révéler malheureusement plus lassant qu'on ne le souhaiterait après quelques heures de jeu.