Titre: Homefront : The Revolution (25/05/2016 Par Nic007)
Rappel des faits.

La saga Homefront se déroule dans une uchronie où les deux Corée se sont réunifiées sous l'impulsion de Kim-Jong-un. Développé par Dambuster Studio, une équipe bâtie sur les ruines de Free Radical Design (TimeSplitters, Haze), Homefront : The Revolution aura connu une gestation difficile, suite à la faillite de l'éditeur THQ. Lancé en juin 2011, le projet a été repris par Crytek en janvier 2013, et lors de l'E3 2014, Deep Silver annonçait avoir signé la co-édition du jeu. Quelques mois plus tard, c'est au tour de Crytek de rencontrer des difficultés financières, ce qui débouche sur une restructuration complète de l'éditeur allemand. Crytek annonce en juillet 2014 la cession de la licence Homefront à Koch Media et la fermeture de Crytek UK (l'ex-Free Radical Design). Ses employés ont dès lors été transférés dans la toute nouvelle filiale britannique de Deep Silver, Dambuster Studios. Bref, dans ce monde futuriste, les États-Unis achètent du matériel technologique à la compagnie APEX, un fabricant de smartphones, tablettes et ordinateurs, qui va rapidement s'attaquer aux armes de guerre. Peu à peu, la République nouvelle de Corée a étendu son pouvoir économique sur toute l'Asie, alors que les réserves de pétrole sont presque à sec. Face à la hausse du cour de brut, l'économie américaine va de plus en plus mal et le pays est en proie au doute. Bientôt il sera lui même envahi par les troupes coréennes puis occupé. Homefront : The Revolution prend place deux ans après son prédécesseur, soit en 2029.

En tant que membre de la résistance, il vous faudra reconquérir les territoires perdues les uns après les autres, et la ville de Philadelphie sera le théâtre de la rébellion. Afin d'affaiblir l'ennemi, vous devrez saboter les installations électriques, rallier les citoyens à votre cause (pour les faire combattre à vos côtés), détruire les convois et bien sur prendre possession des avant-postes. L'ambiance est assez sombre (la classification 18+ est là pour le rappeler), et le jeu propose un large choix de fusils d'assaut, snipers, mitraillettes légères, ainsi que des pistolets et les grenades pour faire le ménage dans la zone. Il faut noter que les armes sont entièrement customisables, et que les possibilités d'évolutions sont nombreuses. En ligne, il vous faudra créer votre avatar puis vous lancer dans des missions d'attaques ou de défense en coopération au sein du mode "Résistance". Des missions scénarisées jouables jusqu'à quatre et relativement proche de l'aventure solo.

Une réalisation à la hauteur ?

Si Homefront : The Revolution n'est pas le plus jeu de sa catégorie, il demeure cependant assez varié, même si le moteur CryEngine 4 est clairement sous-exploité. Les personnages sont bien modélisés, et un réel travail a été accompli au niveau de l'architecture urbaine (quartier résidentiels, bidonvilles, zone industrielle, campagne) et de l'ambiance oppressive qui y règne. La progression demeure malgré tout linéaire, et vous n'aurez pas loisir à sillonner librement la ville, malgré un monde plus ouvert que dans les FPS récents. Plus ennuyeux, le jeu rencontre actuellement de gros problèmes d'animation, certains passages tombant sous les 30 images/seconde, notamment les scènes en moto. Et que dire des nombreux bugs de collision qui parsèment la campagne, sans oublier l'intelligence artificielle des personnages non jouables (PNJ) qui n'en fait qu'à sa tête ? La prise en main reste très arcade, mais les chutes de frame-rate sont parfois pénalisantes sur la jouabilité, tant en solo qu'en multijoueurs coopératif. Avec quelques patchs déployés, le résultat pourrait être plus efficient.

La partie sonore demeure assez efficace, avec des musiques de très bonne facture, des bruitages crédibles et des doublages français convaincants. La campagne solo est plus longue qu'on aurait pu le penser, puisqu'il faudra une dizaine d'heures pour en venir à bout, voire davantage si vous effectuez les objectifs secondaires. La difficulté générale est d'ailleurs plus soutenue que dans les FPS actuels, ce qui ne sera pas sans poser de problèmes aux joueurs occasionnels. PS4 oblige, il est bien sur possible de jouer sur PS Vita via la fonctionnalité Remote Play, et l'interface s'y avère fonctionnelle.

VERDICT

A l'image de son prédécesseur, Homefront : The Revolution a le sens de la mise en scène. Son univers oppressant et son ambiance de guérilla urbaine apportent un peu de renouveau au genre, mais ce deuxième épisode est également rongé par les bugs à répétition, rendant la progression très frustrante. Il est vrai que la conception de ce titre n'a pas été un fleuve tranquille, mais le potentiel d'Homefront est clairement bridé par ce manque de réussite technique.
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