07/05/2026 @ 17:15:30: Internet - Éliminer Huawei des infrastructures européennes coûtera des milliards. Qui paiera la facture ?
L'Union européenne se prépare à l'une des plus importantes mutations technologiques de ces dernières années. Bruxelles souhaite limiter la présence des fournisseurs chinois dans les infrastructures numériques et de télécommunications essentielles. Selon de nouvelles analyses, le coût de cette mesure pourrait s'avérer exorbitant. Des chercheurs et des organisations patronales chinoises ont calculé que le retrait des technologies de sociétés comme Huawei et ZTE pourrait coûter près de 400 milliards d'euros au cours des cinq prochaines années. L'Union européenne travaille à l'élaboration d'une nouvelle réglementation en matière de cybersécurité. Celle-ci vise à retirer progressivement des secteurs économiques clés les équipements provenant de fournisseurs jugés « à haut risque ». Les entreprises technologiques chinoises, notamment Huawei et ZTE, sont particulièrement visées. La Commission européenne s'inquiète depuis longtemps de la sécurité des infrastructures de télécommunications construites avec la participation de fournisseurs chinois. La nouvelle réglementation pourrait concerner, entre autres, les réseaux de télécommunications, l'énergie, les systèmes numériques et les infrastructures critiques utilisées par les États membres de l'UE.
D'après un rapport établi par KPMG pour la Chambre de commerce chinoise auprès de l'UE, le coût total de l'opération pourrait atteindre 367,8 milliards d'euros. Cette analyse prend en compte le remplacement des équipements existants, les dépréciations liées à la dégradation des infrastructures et les dépenses supplémentaires engendrées par le retard de la numérisation et la baisse de l'efficacité du système. L'Allemagne devrait supporter les coûts les plus importants. Selon les estimations, la facture pour l'économie allemande pourrait atteindre 170,8 milliards d'euros. La France, l'Italie, l'Espagne, la Pologne et les Pays-Bas devront également faire face à des dépenses considérables. Deux secteurs considérés comme essentiels à l'avenir de l'économie européenne devraient être particulièrement touchés : les télécommunications et l'énergie. Dans ces secteurs, les technologies chinoises sont présentes depuis des années et constituent une part cruciale de l'infrastructure. Bien souvent, les opérateurs utilisent des équipements Huawei pour déployer les réseaux 5G et les systèmes de transmission de données. Le remplacement de ces composants engendrerait non seulement des coûts financiers considérables, mais aussi des années d'opérations logistiques. Le secteur craint également d'éventuels retards dans le développement des réseaux de nouvelle génération et des projets liés à la transformation numérique de l'Europe.
Les entreprises chinoises critiquent les actions de Bruxelles depuis des mois. Huawei affirme que les décisions des régulateurs européens sont motivées par des considérations politiques et manquent de justifications technologiques suffisantes. Pékin fait pression pour que les dispositions relatives aux « pays à haut risque » et aux « menaces à la cybersécurité » soient supprimées du projet de réglementation. Les autorités chinoises ont déjà commencé à évoquer d'éventuelles mesures de rétorsion contre l'Union européenne. Pour la Commission européenne, le problème ne se limite pas aux seules télécommunications. Il s'agit de construire une infrastructure numérique plus indépendante et de limiter l'influence des fournisseurs étrangers sur les systèmes stratégiques des États membres de l'UE. Bruxelles avait déjà recommandé aux États membres de restreindre l'utilisation des équipements Huawei et ZTE dans les réseaux de télécommunications. Désormais, les mesures pourraient être prises à un niveau bien plus élevé. Le processus législatif ne fait que commencer et prendra probablement plusieurs mois. Cependant, il est déjà clair que des centaines de milliards de dollars et l'avenir de l'infrastructure numérique européenne sont en jeu.